Ada Lovelace, l'âme de la machine
Mathématiques et romantisme façonnent un destin peu banal
Comment éviter à une enfant de sombrer dans les idées folles d'un père poète ? L'épouse de Lord Byron pensait avoir la solution : sa fille Ada serait initiée aux mathématiques. Peine perdue ! Après avoir exercé ses talents sur la machine de Charles Babbage, Ada se lance dans une théorie du système nerveux qu'elle expérimente sur son propre corps.
« Est-elle passionnée ? J'espère que les Dieux l'ont faite tout sauf poétique - c'est assez d'un tel fou dans une famille ». Celle dont se languit Lord Byron 1788-1824 sur son lit de mort dans la petite ville grecque de Missolonghi est sa fille Ada neuf ans à l'époque qu'il connut à peine, qui fut, selon André Maurois, « la plus imaginaire de toutes ses créations 1 »,et qui mourra aussi jeune que lui dans des conditions à peine moins pitoyables. Mais si l'on retrouve bien une Ada dans le Pèlerinage de Childe Harold « Ada ! Fille unique de mon sang et de mon coeur ! », et curieusement une autre outre-Atlantique chez le très byronien Edgar Poe, ce prénom évoque plus spontanément un langage de programmation lancé en 1980 par le département américain de la défense.