Jean-Claude Ameisen : apologie du suicide cellulaire
Toutes les cellules du monde vivant ont sans doute le pouvoir de s'autodétruire. Cette découverte récente fournit une puissante grille de lecture, applicable au développement embryonnaire, à de nombreuses maladies aiguës et chroniques, au vieillissement et, plus fondamentalement, à l'évolution des espèces.
La Recherche : En quel sens peut-on dire que la mort cellulaire sculpte les formes de l'embryon ?
Jean-Claude Ameisen : Un exemple est la formation des mains. Chez l'embryon humain au début la main apparaît comme une moufle avec les cartilages qui préfigurent les doigts, et puis soudain les cellules qui composent les tissus entre les doigts meurent. Chez les oiseaux terrestres, la mort sépare les doigts, chez les oiseaux aquatiques non, et leurs pattes sont palmées.