Pierre Buser : « L'inconscient résiste à l'expérimentation »
Il se pourrait que le cerveau fonctionne surtout en mode inconscient. Les expériences visant à explorer les mécanismes de l'inconscient cognitif ont fourni de nombreux résultats, mais les interprétations divergent. L'outil de l'avenir est l'IRM. Permettra-t-il de jeter un pont entre les deux inconscients, le cognitif et l'affectif, voire avec celui de la psychanalyse ?
LA RECHERCHE : Il semble que l'inconscient de la psychanalyse
et celui qu'explorent les sciences cognitives soient assez différents. Est-il possible d'exprimer cette différence en quelques mots ?
PIERRE BUSER : Le premier à avoir été découvert est
l'inconscient analytique. Il y a un peu d'inconscient
profond avant Freud, mais c'est tout de même lui qui a lancé cette affaire. Qu'on aime Freud ou qu'on ne l'aime pas, c'est un fait.
Pour répondre à votre question, l'inconscient freudien est celui que fait surgir un thérapeute spécialisé. Clinicien ou non, ayant des idées bien arrêtées - parfois un
peu trop. L'inconscient cognitif relève, lui, presque de l'évidence. Tout le monde sait que des éléments inconscients interviennent dans la perception, l'attention, la mémoire, le rêve...