Serge Planes

Spécialiste mondial de l'étude des coraux, Serge Planes partage son temps entre Perpignan et la Polynésie française, où il suit de près leur évolution. Face à leur dégradation rapide, il prône la mise en place à court terme d'une gestion côtière locale, pour les aider sur le long terme à lutter contre le changement climatique.Dans le monde, 500 millions de personnes dépendent directement de la survie des récifs coralliens, à travers la pêche ou le tourisme. Et ces derniers accueillent une espèce sur trois qui vit en mer. Mais ils subissent les conséquences du réchauffement climatique, la pollution et le stress dus à l'activité humaine. Les menaces qui pèsent sur eux sont multiples et il est important de réagir vite. Spécialiste des coraux au CNRS et à l'École pratique des hautes études, à l'université Paris Sciences et Lettres, Serge Planes est installé à Perpignan et à Moorea, en Polynésie française. Directeur du Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement, et directeur scientifique de Tara Pacific, il a étudié de près l'impact de ces menaces sur les coraux polynésiens. L'Initiative internationale pour les récifs coralliens, dont la France assure le secrétariat cette année, a déclaré 2018 « année internationale pour les récifs coralliens » (après 1997 et 2008). Serge Planes espère que cela sera un moyen de sensibiliser les populations locales pour instaurer des politiques de gestion côtière efficaces.

La Recherche Quel est l'état des récifs coralliens ?

Serge Planes L'Institut des ressources mondiales a estimé, il y a quelques années, que nous aurions déjà perdu 20 à 25 % des récifs coralliens. 50 % seraient en situation préoccupante et 25 % en bon état (1). Dans les faits, il est très difficile de donner une estimation précise, car les chiffres sont très dépendants des zones géographiques. Par exemple, dans les Antilles, les coraux sont très dégradés et, sur les vingt-cinq dernières années, les récifs ont perdu près de 25 % des coraux (2), surtout à cause du stress côtier lié à la très forte pression démographique. En Australie, les récifs coralliens ont beaucoup souffert en 2016 et en 2017 de l'augmentation des températures, qui a entraîné des blanchissements et des mortalités massives.

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