Un riz plus africain que nature
Le 14 octobre prochain, le Prix mondial de l'alimentation 2004 sera décerné au créateur d'un riz hybride réputé impossible à obtenir: le Nerica, particulièrement adapté à l'Afrique. Dix ans après sa naissance dans un laboratoire du continent noir, le Nerica a-t-il rencontré le destin qui lui était alors promis?
Depuis son introduction en Afrique par les Portugais, au XVIe siècle, le riz asiatique Oryza sativa y a supplanté les variétés locales. Mais, pour productives qu'elles soient en terrain irrigué et enrichi par des engrais, les différentes variétés améliorées de sativa, obtenues depuis les années soixante, ne le sont plus dès lors que ces conditions ne sont pas remplies. Comme le résume Alain Ghesquière, de l'Institut de recherche pour le développement IRD, «les efforts de sélection des sativa ont donné de bons résultats en culture irriguée et, à un moindre degré, dans les zones inondables appelées “bas-fonds”, mais ont été un échec pour le riz non irrigué de plateau». Un échec d'autant plus marquant que ces plateaux, des terres élevées non irrigables, représentent près de la moitié des surfaces rizicoles africaines.