Retour sur l'affaire du sang contaminé

Plus de dix ans après les faits, l'affaire du sang contaminé n'est pas terminée. Ni en France ni ailleurs. Pour tenter de clarifier les choses, nous nous sommes livrés à deux exercices inédits : proposer une chronologie à la fois scientifique et internationale. La chronologie proprement scientifique est présentée à part. Elle mentionne, espérons-nous, les principaux articles publiés dans la littérature scientifique et épidémiologique de 1982 à 1985. Elle est complétée par un second exercice chronologique, qui fournit des points de repère de nature politico-institutionnelle. Ce second tableau est forcément plus sujet à caution - non quant à l'exactitude des faits mais du point de vue de leur sélection. Notre principal souci a été d'éliminer toute forme de parti pris. Il s'agit à nos yeux d'un document de travail, qui mérite sans aucun doute d'être corrigé et enrichi. Rappelons simplement que si l'affaire du sang contaminé a d'abord éclaté en France, seul pays où elle a pris l'ampleur d'un débat national, elle est internationale, et concerne à la fois les hémophiles et les transfusés. De nombreuses procédures judiciaires sont en cours dans les principaux pays de l'OCDE. Selon la Fédération mondiale des hémophiles, le taux d'hémophiles contaminés variait en 1989 de moins de 7,5 % en Belgique, pays qui avait mené une politique de grande prudence, à 90 % aux Etats-Unis. Il était de 44 % en Grande-Bretagne, de 61 % en Allemagne et de 45 % en France*. Comme l'a confirmé un rapport du Haut Comité français de santé publique 1993, la France se distingue par un taux exceptionnellement élevé de contamination chez les transfusés non hémophiles.