"J’aimerais que la paléogénétique aille au-delà de l’étude de l’ADN ancien"

L’essor de la paléogénétique, ou analyse de l’ADN ancien, depuis une trentaine d’années, c’est aussi celui des technologies de séquençage de l’ADN. Une histoire que Ludovic Orlando, directeur du centre d’anthropologie et de génomique de Toulouse à l’université Paul-Sabatier et spécialiste de la domestication des chevaux, conte de manière magistrale dans L’ADN fossile, une machine à remonter le temps (Odile Jacob, 2021), et qu'il nous partage dans cet entretien.

Le fémur de Toumaï refait parler de lui

Il y a seize ans, la découverte du crâne du Toumaï, le plus ancien hominidé - il aurait vécu il y a sept millions d'années, faisait les gros titres. En revanche, pas un mot sur le fémur qui l'accompagnait. En 2009, des photos de l'os sont publiées, mais restent sans commentaire. A ce jour, il n'a toujours pas fait l'objet d'une publication. Pourtant, la controverse est revenue sur le devant de la scène en octobre 2017, grâce au paléoanthropologue Roberto Macchiarelli, qui a évoqué publiquement son existence lors d'un colloque, et demandé à ce qu'elle soit enfin publiée, en vain. Cette histoire rocambolesque a  été relayée ce lundi dans le journal Nature, et dès 2009 sur La Recherche. Nous vous proposons de la redécouvrir ici.