Un cou en forme de point d'interrogation

Après Lamarck et Darwin, les chercheurs continuent de s'opposer à propos de la longueur du cou du plus grand mammifère terrestre. Sert-il vraiment à brouter les acacias haut perchés ou à voir de loin ? Une nouvelle hypothèse lui trouve une raison insoupçonnée : celle d'être plus seyant et d'attirer les partenaires sexuels.

Chimère vaudou hors du temps

On pourrait dire du solénodon qu'il est une espèce de musaraigne antillaise géante. Mais ne serait-ce plutôt une chauve-souris sans aile, puisqu'il est capable d'émettre des ultrasons et d'en user pour se repérer ? Ou encore un serpent venimeux parce que ses incisives creuses lui permettent d'injecter un redoutable poison ?

Duels de pénis entre hermaphrodites

Dressésface à face, les vers marins hermaphrodites Pseudoceros bifurcus usent de leur pénis comme d'une arme tranchante. Grâce à lui, ils pourront, éventuellement, injecter leur sperme sous la peau de leur partenaire, et ainsi le féconder. Des comportements d'esquive s'opposent aux tentatives d'insémination dans une « course aux armements » évolutive.

Cuirassés aux fesses plates

Parmi les tatous, les chlamydophores présentent un arrière-train aplani, comme la nature n'en fait jamais. Avec toutes les espèces du genre, ce mammifère partage une autre exception : la reproduction gémellaire polyembryonie. Découverts en même temps que leur continent, ces terrassiers d'Amérique du Sud que l'on dirait sortis d'une imagination d'écrivain ont été l'enjeu d'une rocambolesque course de vitesse entre Charles Darwin et Alcide d'Orbigny.

Cyrano en sous-sol

De toutes les taupes, Condylura cristata d'Amérique du Nord est celle qui avance à tâtons le plus sûrement. L'étonnante couronne de tentacules qui lui coiffe les narines ne lui sert en effet pas à mieux sentir ; cet organe est purement tactile. Fonction si développée que ce dispositif sensitif... est le plus sensible que l'on connaisse aux mammifères, humains compris.

Chorégraphie à fleur de terre

Aucune n'en a vraiment mille... L'espèce la plus fidèle à son nom compte tout de même sept cent cinquante-deux pattes ! Passé la surprise créée par semblable répétition d'un ensemble d'organes, les myriapodes étonnent les physiologistes par les différences que présentent les principes de locomotion d'une classe à l'autre. Preuve que la coordination des mouvements n'est pas simple : certains mille-pattes, eux-mêmes, s'emmêlent les pinceaux !